JOURNÉE DE L’ADIR N°7 2018 : 3 QUESTIONS À VÉRONIQUE MARIAGE

JOURNÉE DE L’ADIR N°7 2018 : 3 QUESTIONS À VÉRONIQUE MARIAGE

Les Journées de l'ADIR

Véronique Mariage est l’invitée de la 7e journée de l’ADIR le 10 novembre 2018. Psychanalyste et directrice thérapeutique du Courtil (Belgique), institution pour enfants et jeunes psychotiques et autistes, elle répond à nos questions sur le thème de cette journée, la clinique de l’objet en institution.

En quoi penser la clinique de l’objet en institution vous semble un enjeu d’actualité ?
Penser la clinique de l’objet et en élaborer la clinique en institution a toute son importance. Le plus souvent, le rapport qu’entretien l’enfant autiste à des objets particuliers passe inaperçu, ravalé ou pris dans une forme de rééducation qui permettrait que le sujet autiste s’en sépare. La référence à la psychanalyse donne toute son importance à la place des objets investis par le sujet comme faisant partie de lui, permettant de faire bord avec le monde. C’est à partir de ceux-ci qu’une rencontre et un travail d’accompagnement est possible pour les sujets autistes.

Comment une institution comme le Courtil aborde cette question ?
Dans le champ des institutions orientées par la psychanalyse, on parle beaucoup de ces rencontres possibles via les objets des sujets autistes. Dans la rencontre via les objets que ces sujets investissent il y a lieu de « permettre la construction d’une chaîne qui évolue d’un objet à l’autre autour d’un trou, afin de construire un bord, un néo-bord à condition de participer à ce bord », nous dit Eric Laurent dans son livre La bataille de l’autisme (éditions Navarin-Champ freudien, p.45).
Au Courtil, nous rencontrons des sujets qui n’ont pu se construire une défense autistique autour d’un objet ; on les qualifie de psychoses infantiles précoces graves : « Complètement éclatés, ses sujets errent dans un état de déréliction, avec un corps qui semble morcelé » (La Bataille de l’autisme, p.70). Une autre clinique du rapport l’objet est mise en valeur. Celle-ci demande une remise au travail de la question : qu’est-ce que l’objet pour la psychanalyse ?

Y a-t-il une rencontre avec un enfant psychotique ou autiste qui vous a marquée à ce titre au cours de votre pratique ?

Oui, au Courtil dans ma pratique quotidienne, bien des rencontres ont pu se faire et produire des constructions singulières autour d’objets particuliers pour ces sujets. Elles seront au centre de notre journée de travail.

Toutes les infos sur la 7e Journée de l’ADIR.